REVIEW | Connessi all’Opera
by Federico Capoani
“In un Grand Théâtre de Provence gremito in ogni ordine di posto (e nel pubblico abbiamo scorto il gotha della lirica francese) si palpava la febbrile attesa di una rappresentazione storica: non solo perché è raro poter ascoltare la versione francese dei Vespri, ma anche per il plateau di stelle chiamato a interpretarne i ruoli principali. Il resto è la cronaca di un trionfo annunciato.
Innanzitutto, si trattava del ritorno di Daniele Rustioni al Festival e alla testa dell’Orchestra dell’Opera di Lione, di cui fino all’anno scorso è stato direttore musicale. Un’orchestra che, sotto la sua guida, ha trovato una particolare fioritura nel repertorio italiano e che dimostra ancora una grandissima affinità e comunità d’intenti con il suo direttore emerito.
Il principale problema dei grand-opéra di compositori italiani, specie quando proposti nell’originale versione francofona, è trovare il giusto equilibrio tra i colori sinfonici e il gusto melodico della tradizione francese e il profondo senso del teatro dell’opera italiana. Da una parte, si rischia di affogare l’opera nella magniloquenza orchestrale o nella potenza sonora dei finali, dall’altra di dimenticare (a maggior ragione in esecuzioni concertistiche) la necessità drammaturgica di ogni dialogo e di ogni interazione, aspetto fondamentale della poetica verdiana. Forse è proprio il connubio tra un direttore italiano e un’orchestra francese a permettere di condurre indenne il bastimento, visto che siamo in Sicilia, tra queste Scilla e Cariddi.
Come? Innanzitutto cercando nell’orchestrazione verdiana ogni sfumatura di colore, facendo risaltare i temi affidati ora a questo ora a quello strumento (i violoncelli dell’ouverture, o il clarinetto all’inizio del IV atto) che suonano sempre come se stessero cantando. Poi, curando con meticolosità ogni accompagnamento, instillando anche nei semplici accordi un significato teatrale. Ma il vero miracolo si compie nei finali d’atto, in cui Rustioni tiene sempre sotto perfetto controllo le imponenti forze musicali, che non finiscono mai per imporsi al di sopra delle voci, né per dettare i tempi a discapito del gesto. Abbiamo sentito spesso direttori trovarsi in balìa della massa sonora quando coro, orchestra e solisti si uniscono nei grandiosi assiemi: mai, in questi Vespri, si è corso questo rischio. Anzi, anche in queste occasioni l’orchestra poteva portare in primo piano una sezione strumentale (pensiamo alla fanfara degli ottoni del finale quarto) o un particolare disegno ritmico.
Si vedeva, sul podio, Daniele Rustioni agitarsi, saltare, lanciare occhiate a questo o a quell’esecutore, talvolta improvvisare una sorta di balletto bacchetta alla mano. Sbaglierebbe chi pensasse che si tratti di coreografie inutili eseguite a favor di pubblico: perché è chiarissimo l’effetto — e dunque l’efficacia — di
ciascuno di questi movimenti sul suono dell’orchestra. Ogni pagina orchestrale, fosse anche la breve introduzione di ogni atto, assume una dignità sinfonica, o almeno un’intenzione evocativa. E la scena della festa del secondo atto è condotta con assoluta maestria: anche in assenza di movimenti scenici sembra di avere davanti agli occhi la celebrazione delle nozze delle dame siciliane.
…Tra gli ottoni a tutta forza e le campane a martello inizia il massacro dei francesi e la rivolta siciliana, mentre si chiude il sipario sull’opera. Ma a Aix-en-Provence si celebra piuttosto un riuscitissimo matrimonio tra lo stile francese e quello italiano, nella composizione dell’opera e negli interpreti chiamati ad eseguirla. Testimone, il pubblico del Grand Théâtre che tributa a tutti i protagonisti, agli orchestrali, ai coristi, al direttore applausi incessanti e acclamazioni di entusiasmo.“
REVIEW | Vagabond Art
by Maryvonne Colombani
“Un triomphe pour Les Vêpres siciliennes au Festival d’Aix 2026 dans une version de concert dirigée par Daniele Rustioni avec le Chœur et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon!
..Les cinq actes de cette énorme machine écrite sur un livret en français d’Eugène Scribe et Charles Duveyrier demandent des voix, un chœur et un orchestre virtuoses.
…La direction de Daniele Rustioni est d’une impeccable justesse, passionnée, intelligente et emplie d’humour. Le corps du chef d’orchestre se tord, se plie, épouse les fluctuations des tempi et des intensités, flirte avec les hauteurs, les intentions, les émotions, transcrivant une lecture vivante qui sait démêler les fils d’un récit complexe, lui apportant une clarté que sa luxuriance pourrait noyer.
Les premières mesures de l’Ouverture ont la douceur fragile du calme avant la tempête alors que déjà, au loin gronde l’orage.
Les thèmes se dévoilent dans une flamboyance à la palette nuancée.
Les scènes intimistes livrent de sublimes duos et solos tandis que celles où les chœurs rejoignent l’orchestre vibrent d’élans spectaculaires.
…L’ensemble est sculpté avec une précision d’orfèvre et Daniele Rustioni en grand maître d’œuvre mène l’action avec une énergie dont les pulsations irriguent les lignes de force jusqu’à l’apothéose du dernier chœur, scellant les débuts sanglants de la révolte, bouleversant l’auditoire. Puis le silence s’abat sur une salle sidérée d’émotion avant l’explosion des applaudissements et des rappels sans nombre.“
REVIEW | Forum Opera
by Clémont Mariage
“..La direction musicale en revient, comme pour Moïse et Lucie, à Daniele Rustioni, familier du répertoire italien qu’il a beaucoup servi au Festival (Tosca, Falstaff, I due Foscari, Le coq d’Or, Madama Butterfly entre 2019 et 2025), à la tête de l’orchestre et du chœur de l’Opéra de Lyon. La soirée, annulée en 2024 pour raisons budgétaires, et dans une distribution presque entièrement renouvelée, marquait la prise de rôle de Karine Deshayes en Hélène.
…Car le chef dirige ces Vêpres en vrai metteur en scène, et trouve l’équilibre que réclame cet hybride franco-italien : des flûtes ou des clarinettes claires et franches, à la française, et un feu tout italien qui embrase les cordes. La seconde partie de l’ouverture file un train d’enfer, avec des contrastes dynamiques accusés, et des transitions tendues ; le trait orageux des violoncelles précédant « Au sein des mers » installe l’imaginaire marin ; le grand récitatif de Montfort au troisième acte, l’un des sommets de la soirée, est conduit avec une souplesse qui laisse respirer le texte sans dissoudre la tension ; une flûte mordante ouvre la scène du bal (qui rappelle d’ailleurs dans son principe l’acte I et la deuxième scène de l’acte II de La Traviata). L’orchestre de l’Opéra de Lyon répond avec un engagement de tous les instants, cordes soudées dans les tutti, cuivres et percussions pétaradants sans couvrir les voix... Le chœur de l’Opéra de Lyon, lui, est admirable de bout en bout, d’engagement, d’homogénéité et de diction. Il faut l’entendre susurrer « silence » au côté de Procida ou bien dans le chœur de stupeur du deuxième acte, glaçant, ainsi que dans les couleurs du cinquième, où la harpe et les castagnettes – la « couleur locale » que Verdi voulait introduire – dessinent moins une Sicile historique qu’une Sicile rêvée par le Paris du Second Empire, avant le grand déchaînement final lors du massacre. Les ensembles confirment ce soin : le quatuor a cappella du premier acte ressuscite tout un pan de la tradition du grand opéra français, jusque dans son élégance un peu désuète – Verdi le confiant d’ailleurs à deux personnages personnages principaux et deux personnages très secondaires, Ninetta et Danieli.
…Les Vêpres siciliennes n’ont donc ni la grandeur de Don Carlos, ni l’étrangeté fructueuse d’autres livrets de Scribe. Mais dans leur langue d’origine, sous une direction tendue et portées par des chanteurs qui font du verbe français une matière vivante, ces Vêpres siciliennes plaident pour elles-mêmes. Le public, debout, ne s’y est pas trompé. On pourra réentendre cette merveilleuse soirée sur France Musique le 26 juillet prochain et réécouter en boucle les deux duos Montfort/Henri.“
REVIEW | Díapason
by Didier Van Moere
Une distribution de haut vol, qui révèle le baryton sud-coréen Insik Choi, et une direction volcanique font de ce concert un des grands moments du festival.
“…La direction rutilante, d’un romantisme flamboyant, de Daniele Rustioni, qui tire le meilleur du Chœur et de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, fait de ces Vêpres un volcan en éruption, un vrai thriller en musique. Nous voilà, au-delà de Scribe, chez Hugo et Delacroix. Pour autant, il ne lâche pas la bride, en particulier dans les scènes collectives, où rien ne dérape.”
REVIEW | Olyrix
by Rémi Clavier
“Carton plein au Grand Théâtre de Provence pour Les Vêpres Siciliennes de Giuseppe Verdi dans sa VOF (Version Originale Française) et de concert dirigée par Daniele Rustioni à la tête des phalanges lyonnaises
Point de mise en scène ni de costumes ce soir, donc.
L'animation est à rechercher au centre de la scène, où la direction aussi expressive qu’énergique de Daniele Rustioni apporte un petit supplément d'âme visuel bienvenu à cette interprétation, par ailleurs irréprochable sur le plan musical.
Très à l'écoute de ses solistes, dirigeant l'orchestre du bras droit et les chœurs du bras gauche, le Maestro Italien est sur tous les fronts ce soir, et y prend un plaisir manifeste.
…Solistes, Chœurs et Orchestre reçoivent un véritable triomphe de la part du public. Le succès de cette représentation tient avant tout à l'homogénéité des talents des artistes, qui auront tous œuvré et réussi à transcender leur rôle, dans une soirée accomplie à tous points de vue.“
REVIEW | La Grande Musique
by Emmanuel Rials
“Le 16 juillet 2026, le Festival d’Aix-en-Provence a offert un rare bijou musical en remettant à l'honneur « Les vêpres siciliennes » de Giuseppe Verdi, dans sa version originale française.
Présenté en version de concert au Grand Théâtre de Provence, ce rendez-vous unique, sous la baguette inspirée de Daniele Rustioni et avec l'Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Lyon, a permis de revisiter une œuvre méconnue, mais essentielle, du patrimoine opératique européen.
“Une direction musicale brillante et respectueuse
Daniele Rustioni a su conjuguer précision, énergie et dramaturgie dans une lecture où l’orchestre et le chœur trouvent un équilibre subtil entre flamboyance et clarté.
L’Orchestre de l’Opéra de Lyon appuie la tension dramatique sans jamais étouffer les chanteurs, tandis que le Chœur, efficace et puissant, magnifie les scènes d’insurrection tout en préservant la nuance. Cette interprétation témoigne d’une compréhension profonde du style verdien tardif, où sophistication orchestrale et expressivité vocale s’entremêlent harmonieusement.“
REVIEW | ResMusica
by Matthieu Roc
Lors d’un concert éblouissant, le festival d’Aix-en-Provence a donné la version française originale de ce magnifique opéra de Verdi, et on réalise combien est injuste la déconsidération dont il souffre encore.
“Grand architecte de la soirée, Daniele Rustioni a toujours le tempo juste, et sait faire monter la tension d’un bout à l’autre de la soirée, par vagues successives, jusqu’au cataclysme final. Sa battue énergique est des plus claires, et les forces de l’Opéra de Lyon le suivent au doigt et à l’œil, dans une excellente complicité.“
REVIEW | La Marseillaise
by Patrick Di Maria
« Les Vêpres Siciliennes » de Verdi en français et en version concertante remportent un triomphe public. Longue ovation debout pour l’Orchestre de l’Opéra de Lyon,son chef Daniele Rustioni et un plateau de voix idéal.
“Daniele Rustioni à la tête de l’Orchestre de Lyon, instrument idéal, a le geste ample et expressif. Il dirige, danse presque, de tout son corps animé d’une passion communicative. Très attentif au chanteur, souvent tourné vers eux, il enveloppe la musique et fait sourdre toutes les plus fines nuances et en fait jaillir la violence éruptive. Ajoutez-y un chœur inspiré et parfaitement en place et ce Verdi-là est servi à la perfection.”
REVIEW | Première Loge
by Aurélie Mazenq
“En proposant Les Vêpres siciliennes dans sa version originale française, le Festival d’Aix-en-Provence redonne vie à une partition singulière de Verdi, pensée pour le faste du Grand Opéra. Au Grand Théâtre de Provence, cette fresque historique retrouve toute sa force dramatique, portée par une distribution de haut vol, une direction et un orchestre inspirés !
Une direction d'orchestre virevoltante
Dès les premières mesures de l’ouverture monumentale, le ton de la soirée est donné. Daniele Rustioni, à la tête de l’Orchestre et des Chœurs de l’Opéra de Lyon, impose son style avec une énergie communicative qui ne faiblira pas. Sa direction est un modèle d’engagement physique : on le voit sauter, s’accroupir, se faire dansant, habitant chaque motif avec une profonde sincérité qui témoigne de son attachement au répertoire français et, en ce cas précis, à ses racines italiennes. Si l’on regrette amèrement la suppression du Ballet des Quatre Saisons à l’Acte III (une longue plage de trente minutes sans chant sans doute écartée pour des raisons d’accessibilité et de budget en version concert), le maestro compense ce manque en insufflant une dynamique chorégraphique à l’ensemble de la partition.
L’orchestre répond avec une précision millimétrée. L’ouverture met en valeur les pupitres lyonnais, des violoncelles introduisant avec une infinie tendresse le thème du lien filial, jusqu’aux accents haletants de la conspiration portés par les cordes graves. Rustioni sculpte les dynamiques avec art, passant d’un andante recueilli à un allegro en apothéose, sans jamais alourdir la pâte sonore.
Le parti pris est celui du mouvement. Les tempi demeurent généralement vifs, sans jamais précipiter le discours. Cette énergie évite toute lourdeur dans une œuvre pourtant monumentale et entretient une tension dramatique continue.
Les grands ensembles conservent leur souffle, les scènes plus introspectives ne perdent jamais leur ligne, et l’on ressent constamment cette pulsation qui irrigue toute la partition !
Arrivé en soutien de l’orchestre, dès la scène d’ouverture, le chœur de l’Opéra de Lyon impressionne par son unité. La diction française est soignée et le travail sur les masses sonores évident. Soutenus par des cuivres sonores, ils incarnent d’abord l’arrogance des soldats français, avant que le chant de révolte des Siciliens ne s’élève au loin, subtilement amorcé par le hautbois et la clarinette.
Au dernier acte, la phalange chorale déploie une poésie lumineuse, installant une atmosphère de fête printanière au charme exotique, portée par les volutes de la harpe et le cliquetis des castagnettes. Mais cette douceur n’est que le prélude à l’horreur. Aux ultimes secondes de l’ouvrage, alors que sonnent les cloches fatidiques, le chœur bascule dans une véhémence glaçante. L’orchestre se déchaîne dans un vent de fureur, les choristes hurlent leur vengeance sur le thème du massacre dans un fracas de cuivres et de cloches, avant qu’un silence effrayant et soudain ne retombe sur la salle.
…Saluée par de multiples rappels et un public applaudissant debout, cette lecture des Vêpres Siciliennes au Grand Théâtre de Provence aura suscité chez les spectateurs un véritable enthousiasme. Merci à l’ensemble des artistes, musiciens et choristes pour le travail accompli ! Une soirée majeure à réentendre et à savourer sur les antennes de France Musique le 26 juillet prochain à 20h.“
REVIEW | Cult News
by Paul Fourier
“Rien n’a pêché dans cette version concert donnée dans le Grand théâtre de Provence : ni la musique et le chant admirablement servis par l’orchestre, les solistes et les choristes, ni la diction, admirable, pour ce Grand opéra qui fut créé par le compositeur italien pour la « grande boutique » parisienne.
…La direction passionnée de Daniele Rustioni À l’écoute de l’ouverture, on a pu avoir quelques craintes que le chef ne se laisse entraîner dans une lecture trop démonstrative, trop tape-à-l’œil de l’œuvre. Passé ce moment d’étalage flamboyant de la toute puissance de Verdi, il nous a contredit tant sa direction a été sensible et s’est pliée au subtil équilibre entre scènes spectaculaires (avec intervention du chœur de l’Opéra de Lyon, comme l’orchestre, ce soir tous deux somptueux) et scènes intimistes dans lesquelles les solistes pouvaient s’exprimer dans toute la force ou la subtilité enveloppantes que leur a fournies Verdi.
C’est ainsi que l’on a retrouvé Verdi, mais un Verdi francisé, passé à la moulinette du « Grand opéra », un Verdi qui exigeait de grands chanteurs français !
C’est ainsi! Le Festival d’Aix-en-Provence maintient, après Le prophète, après Lucie de Lammermoor, une tradition qui tend à se perdre, ailleurs, en France dans les méandres du temps. Un telle nouvelle réussite va encore marquer l’histoire du Festival. Gloire à lui donc !“
REVIEW | Opera Diary
by Lloyd
“Tonight brought another French version, the original one this time, of Les Vêpres Siciliennes, a work rarely heard on stage in this form. Expectations were high, and they were thoroughly exceeded.
Credit first goes to an electrifying Opéra de Lyon orchestra. Led by a possessed Daniele Rustioni, the Lyon forces showed off their virtuosity in full. The house’s directeur musical émérite, as expressive as ever, breathed tremendous energy into one of Verdi’s finest scores. The duets, trios, quartets and larger ensembles were conducted with real precision, all the more remarkable given how little rehearsal time such a demanding work allows.
The Lyon chorus, trained by Benedict Kearns, was equally impressive. As the true central character of this opera, the chorus was exquisitely refined in “Dans l’ombre et le silence,” then unleashed its full power in the final “Oui, vengeance, vengeance!” The Opéra de Lyon shone brightly throughout.
…The long standing ovation from the Grand Théâtre de Provence made clear this was an evening that will stay in Aix’s collective memory.”
REVIEW | Bachtrack
by Irma Foletti
“⭐ ⭐ ⭐ ⭐ ⭐
Les brillantes Vêpres siciliennes de l’Opéra de Lyon au Festival d'Aix
Sous la baguette de leur ancien directeur musical Daniele Rustioni, les musiciens de l’Opéra de Lyon ont proposé une mémorable interprétation de l’œuvre de Verdi, en version française, avec une distribution remarquable
“Initialement prévue pour l'édition 2024 du Festival d’Aix-en-Provence, la représentation de concert des Vêpres siciliennes, dans leur version originale française créée par Giuseppe Verdi à Paris en 1855, avait dû être reportée pour raisons budgétaires. L’attente de deux ans n’a pas été vaine, à l’issue d’une exécution particulièrement excitante au Grand Théâtre de Provence.
Chef principal puis directeur musical de l’Opéra de Lyon entre 2015 et 2024, Daniele Rustioni retrouve pour l’occasion son ancien orchestre, à un niveau optimal de préparation et de concentration. Actuel principal chef invité du Metropolitan Opera de New York, l’Italien impulse une folle énergie, dans une gestique qui participe souvent au spectacle. Mais il sait aussi varier avec goût entre lentes pulsations, délicatesse de solos pour certains instruments (comme la clarinette, régulièrement sollicitée) et à l’opposé tuttis éclatants où les cuivres et percussions n’ont pas fait le voyage pour rien ! Rustioni reste toutefois attentif aux interventions des chanteurs sur scène, en conservant un volume sonore qui ne les met pas en difficulté.
…Les titulaires des rôles secondaires amènent leurs contributions de qualité, tandis qu’on admire une fois de plus l’excellence des Chœurs de l’Opéra de Lyon, préparés avec le plus grand sérieux par Benedict Kearns. L’élocution est appliquée, la cohésion d’ensemble maintenue en permanence, ainsi que la qualité de son, aussi bien collective que par pupitres.
Tonnerre d’applaudissements aux saluts pour cet opus verdien au format du grand opéra français. Après un succès similaire pour Le Prophète de Meyerbeer en 2023, on peut espérer de nouveaux titres de ce répertoire pour les futures éditions aixoises…”
REVIEW | Résonances Lyriques
by Christian Jarniat
“À la tête du Chœur et de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon, en tous points remarquables, Daniele Rustioni confirme, une nouvelle fois, combien il s’impose aujourd’hui comme l’un des plus grands spécialistes du répertoire lyrique. Sa direction spectaculaire et expressive autant que précise et chaleureuse vaut, à elle seule, le déplacement !… Rien d’étonnant à ce qu’il ait été appelé à diriger les phalanges les plus prestigieuses et nommé récemment chef invité principal du Metropolitan Opera de New York. Sous sa baguette experte, les architectures de la partition se déploient avec une remarquable clarté, tandis que les innombrables détails de l’orchestration apparaissent avec une transparence rarement atteinte.
La tension dramatique ne se relâche pratiquement jamais au cours des plus de trois heures de musique. Le maestro s’attache admirablement à mettre en valeur les longues phrases verdiennes, ménage des contrastes particulièrement expressifs et accompagne les chanteurs avec une attention de tous les instants, sans jamais couvrir les voix. Les grandes pages chorales acquièrent également, sous son impulsion, une saisissante intensité.
…Longs et chaleureux applaudissements du public, justifiés par la remarquable qualité de l’interprétation musicale et vocale.”